Guillaume Boni

Page de titre des Quatrains de Pibrac

Ce compositeur français du XVIème siècle, né vers 1515-1530 à Saint-Flour (Auvergne) et maître de chapelle à Toulouse, a dédié ses œuvres aux monarques régnants, notamment Charles IX et Henri III.

Il a notamment mis en musique des poèmes (sonnets) de Pierre de Ronsard et du sieur de Pybrac. Les compositions de Boni comprennent des sonnets sacrés, des Psaumes de David et des motets, ainsi que des sonnets profanes faisant référence à des thèmes personnels ou mythologiques.

Extrait de « Rossignol mon mignon », poème de Ronsard

Ces oeuvres rapprochent Boni d’un autre auvergnat, toulousain d’adoption comme lui, Antoine de Bertrand, à qui il adresse quelques vers comme Préface de son Premier Livres des « Amours de P. de Ronsard« , que Bertrand fait également paraître en 1576. Les deux musiciens sont d’ailleurs associés par Jean Edouard du Monin, dans son « Hymne à la Musique« , en compagnie des plus grands musiciens du temps :

« En laissant un rameau au zarlinois visage
Au merveilleux Orlande, au doucereau Bonin
A Bertrand, à Courrois, à Cassagne, à Clodin
Et à quelque autre encor…
« 

A la différence de son collègue toulousain, Guillaume Boni assume des fonctions musicales officielles qui l’amènent à se préoccuper de musique d’église. « Maître des enfants » à la Cathédrale Saint-Etienne de Toulouse, Boni composa pour la maîtrise de la cathédrale de Toulouse deux volumes de motets à 5 et 7 voix, et d’autres pièces religieuses, qui témoignent de l’influence de la musique italienne qu’il entendit au cours de ses voyages dans les ambassades à Venise et Rome, alors qu’il accompagnait le cardinal Georges d’Armagnac. Boni aurai également composé un motet à quatorze voix, « Quaesumus omnipotens Deus« , dédié au roi Henri III. Ses « Psalmi Davidici« , publiés en 1582, sont malheureusement parvenus incomplets ; en revanche, son opus primum, les 24 motets du « Primus Liber Moludorum« , publié par Le Roy et Ballard, en 1573, est conservé à la Bibliothèque Nationale de Madrid et à la Bibliothèque Universitaire d’Upsala.

Les œuvres de Boni étaient également connues en Angleterre, comme en témoigne la présence d’une de ses compositions dans les manuscrits Willmott et Braikenridge de musique d’église latine de 1591.

Etienne Roullet a découvert la musique de Guillaume Boni lorsqu’il était étudiant à Tours, avec Jean-Pierre Ouvrard et l’Ensemble Jacques Moderne.